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Tête de liste : Michaël Delafosse

Parti SocialisteParti Radical de GaucheParti CommunistePlace PubliqueGénération ÉcologieParti Animaliste

Michaël Delafosse, maire sortant socialiste, est candidat à sa réélection pour les municipales de 2026. Il mène une liste de rassemblement de la gauche et des écologistes "pragmatiques", soutenue par le Parti Socialiste, le Parti Communiste, le Parti Radical de Gauche, Place Publique, Génération Écologie et le Parti Animaliste.

Son projet s'inscrit dans la continuité de son premier mandat, revendiquant une "grande transformation" de Montpellier.

Ses priorités affichées :

  • Mobilités : Pérennisation de la gratuité des transports et extension du réseau (Ligne 5).
  • Urbanisme et Écologie : Végétalisation de la ville, rénovation des quartiers (Mosson, Cévennes) et adaptation au changement climatique.
  • Sécurité et Tranquillité publique : Renforcement de la police municipale et politique de fermeté républicaine.
  • Services Publics : Défense d'un service public fort et accessible (bouclier social).

Michaël Delafosse souhaite "protéger et projeter" Montpellier vers l'avenir, en consolidant les acquis sociaux et écologiques de son mandat.

Michaël Delafosse : une gauche de gestion, entre mobilité gratuite et républicanisme assumé

Élu maire de Montpellier en 2020, Michaël Delafosse incarne une ligne politique singulière au sein de la gauche locale : à la fois social-démocrate dans sa gestion, volontariste sur les politiques de mobilité, et fermement inscrit dans une tradition républicaine laïque héritée du courant incarné au niveau national par Manuel Valls et le Printemps républicain.

Son premier mandat permet aujourd’hui de dégager assez clairement les grandes orientations idéologiques qui structurent son action municipale.


Une politique de mobilité comme marqueur central du mandat

S’il ne fallait retenir qu’un seul axe fort du mandat Delafosse, ce serait celui des mobilités.

La mise en place de la gratuité des transports en commun pour les habitants de la métropole constitue l’un des actes politiques les plus visibles et les plus structurants du mandat. Annoncée comme une mesure sociale et écologique, elle s’inscrit aussi dans une volonté de transformation profonde des usages urbains :

  • réduction de la place de la voiture individuelle,
  • amélioration de l’accessibilité des quartiers populaires,
  • renforcement de l’attractivité du réseau de tramway,
  • accompagnement du développement métropolitain.

La création de la ligne 5 du tramway, la restructuration du réseau de bus et l’affichage d’une ville « apaisée » sont autant d’éléments qui participent à ce récit politique : Montpellier comme métropole moderne, mobile et écologique.

Cependant, cette politique fait aussi l’objet de critiques :

  • saturation de certains axes,
  • sentiment de relégation de quartiers périphériques moins bien desservis,
  • difficulté à articuler gratuité et qualité de service sur le long terme.

La mobilité est ainsi à la fois le cœur du projet politique de Delafosse et l’un de ses principaux points de tension.


Une conception républicaine stricte de la laïcité

Sur le plan idéologique, Michaël Delafosse s’inscrit clairement dans une lecture républicaine classique de la laïcité, souvent rapprochée du courant dit du Printemps républicain.

Cette ligne se caractérise par :

  • une défense stricte de la neutralité de l’espace public,
  • une méfiance affichée vis-à-vis des expressions religieuses visibles,
  • une approche universaliste des politiques publiques, refusant toute lecture communautaire.

Cette orientation l’a régulièrement amené à se distinguer d’une partie de la gauche plus attentive aux enjeux de discriminations systémiques ou de reconnaissance des minorités.

Elle s’est notamment traduite par :

  • des prises de position fermes sur la laïcité dans l'espace public,
  • un discours centré sur la « République une et indivisible »,
  • une proximité idéologique assumée avec certaines figures nationales du courant social-libéral républicain.

Pour ses soutiens, cette ligne garantit la clarté et la cohérence de l’action publique.
Pour ses critiques, elle traduit une vision parfois jugée rigide, voire déconnectée des réalités sociales contemporaines.


Une gouvernance marquée par la stabilité et la verticalité

Sur le plan institutionnel, le style Delafosse est celui d’un maire centralisateur, assumant pleinement le rôle d’exécutif fort.

Son mandat s’est appuyé sur :

  • une majorité large mais disciplinée,
  • une articulation étroite entre mairie et métropole,
  • une forte personnalisation de l’action publique.

Cette méthode lui permet de porter des projets d’envergure, mais alimente aussi les critiques sur :

  • le manque de concertation réelle avec les habitants,
  • la faible place accordée à la démocratie participative,
  • une gouvernance perçue comme technocratique.

Une écologie de gestion plus que de rupture

Si l’écologie est omniprésente dans la communication municipale, elle s’inscrit davantage dans une logique de transition encadrée que de transformation radicale.

Le projet de Delafosse repose sur :

  • l’adaptation au changement climatique (îlots de fraîcheur, végétalisation),
  • la réduction progressive de la place de la voiture,
  • la planification urbaine maîtrisée.

En revanche, les sujets plus conflictuels — artificialisation des sols, modèle économique de la métropole, attractivité à tout prix — restent largement absents du discours officiel ou traités sous un angle consensuel.


Une ligne politique claire, mais clivante

Au final, Michaël Delafosse incarne une gauche de gouvernement, pragmatique, structurée, assumant :

  • une vision républicaine ferme,
  • une priorité donnée à la gestion et à l’attractivité,
  • une écologie compatible avec le développement métropolitain.

Cette cohérence est aussi sa principale fragilité :
elle laisse peu de place aux aspirations plus radicales sur le logement, la démocratie locale, la justice sociale ou la transition écologique profonde.

À l’approche des municipales de 2026, c’est donc moins la clarté de sa ligne que sa capacité à convaincre au-delà de son socle qui constituera l’enjeu central de sa candidature.

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