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Municipales 2026 à Montpellier : Mohed Altrad se lance à nouveau dans la course à la mairie

2026-01-16|L'équipe citoyenne

Le milliardaire et patron du Montpellier Hérault Rugby (MHR), Mohed Altrad, a officialisé le 15 janvier 2026 sa candidature aux élections municipales de Montpellier. Déjà candidat en 2020, il retente sa chance avec un discours centré sur l’autorité, l’emploi et la gestion « entrepreneuriale » de la ville.

Retour sur cette annonce, son programme, et les questions qu’elle soulève.

Une deuxième candidature après un premier échec en 2020

Mohed Altrad n’est pas un nouveau venu dans la vie politique montpelliéraine. En 2020, il s’était présenté aux élections municipales et avait obtenu :

  • 13,3 % au premier tour,
  • 18,2 % au second tour, après une fusion avec une liste issue de la gauche alternative.

Il était alors arrivé troisième, derrière Philippe Saurel et l’actuel maire Michaël Delafosse (PS).

Élu conseiller municipal et métropolitain, il n’a jamais siégé durant le mandat, avant de démissionner en 2024.

Six ans plus tard, il revient avec une nouvelle campagne et un positionnement assumé :

« Montpellier n’a pas besoin d’un politicien de plus mais d’un bâtisseur. »

Un profil d’entrepreneur milliardaire

Mohed Altrad est à la tête du groupe Altrad, géant mondial de l’échafaudage et des services industriels. Quelques chiffres :

  • 20ᵉ fortune professionnelle de France (classement Challenges)
  • Environ 70 000 salariés dans le monde
  • 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025
  • Propriétaire du Montpellier Hérault Rugby

Il revendique une trajectoire personnelle de « self-made-man », arrivé en France grâce à une bourse d’études, souvent mise en avant dans ses prises de parole publiques.

Un programme très offensif sur le plan sécuritaire et économique

Lors de son meeting de lancement à l’Espace Dièze, devant plus de 300 personnes, Mohed Altrad a dévoilé les grandes lignes de son programme.

Mesures sociales annoncées

  • Gratuité de la cantine scolaire
  • Doublement du nombre de logements sociaux
  • Possibilité d’accession à la propriété après 15 ans
  • Maintien de la gratuité des transports

Sécurité et ordre public

  • Couvre-feu à partir de 22h pour les moins de 16 ans
  • Doublement des effectifs de la police municipale
  • Création d’une brigade municipale de propreté

Urbanisme et environnement

  • Abandon du projet d’incinérateur / CSR
  • Plan de végétalisation massive
  • Opposition aux combustibles solides de récupération (CSR)

Économie

  • Promesse de 30 000 emplois créés
  • Objectif affiché de « zéro chômage »
  • Gel des impôts locaux
  • Engagement à reverser ses indemnités d’élu à des associations

Des promesses qui interrogent

Des annonces très ambitieuses…

Créer 30 000 emplois, atteindre le zéro chômage ou doubler le parc de logements sociaux sont des objectifs majeurs, qui relèvent en grande partie :

  • de compétences métropolitaines ou nationales,
  • de dynamiques économiques largement extérieures au pouvoir municipal.

Aucune précision concrète n’a pour l’instant été apportée sur :

  • le financement réel de ces mesures,
  • leur calendrier,
  • leur compatibilité avec les budgets existants.

Une vision sécuritaire marquée

Le couvre-feu pour les mineurs et le renforcement massif de la police municipale posent plusieurs questions :

  • efficacité réelle de ces dispositifs ;
  • respect des libertés publiques ;
  • articulation avec les compétences de l’État.

Une posture d’« homme neuf » contestable

Si Mohed Altrad se présente comme extérieur au « système politique », il :

  • a déjà été candidat,
  • a été élu,
  • n’a pas siégé durant son mandat,
  • et s’est régulièrement opposé à la municipalité sur des dossiers touchant ses intérêts économiques (stade, équipements sportifs).

Une candidature aussi marquée par le contexte judiciaire

Mohed Altrad a été condamné en 2022 à 18 mois de prison avec sursis pour corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux, dans une affaire impliquant également Bernard Laporte.

Il a également écopé d’une peine d’inéligibilité de deux ans, dont l’issue dépend de son procès en appel prévu en septembre 2026.

➡️ Si cette condamnation était confirmée, il ne pourrait pas aller au terme d’un éventuel mandat de maire.

Une candidature qui bouscule à nouveau le paysage politique local

Comme en 2020, la candidature de Mohed Altrad pourrait :

  • fragmenter l’électorat,
  • rebattre les cartes du premier tour,
  • peser sur l’équilibre entre gauche, écologistes et listes alternatives.

Mais à ce stade, les sondages restent prudents : un sondage Harris Interactive de décembre 2025 le créditait d’environ 6 % des intentions de vote.

À suivre

La candidature de Mohed Altrad soulève de nombreuses questions :

  • Quelle crédibilité pour un projet municipal porté par un grand patron ?
  • Quelle compatibilité entre gestion privée et action publique ?
  • Quelle cohérence entre les promesses et les compétences réelles d’une mairie ?

Autant de points qui mériteront d’être analysés au fil de la campagne.